Caisse d'Epargne: le sort des dirigeants au centre d'un conseil extraordinaire
La Caisse d'Epargne réunit dimanche un conseil extraordinaire pour décider du sort de ses dirigeants, soumis à d'intenses pressions de la classe politique qui a réclamé des "sanctions" après la perte de 600 millions d'euros par la banque.
Alors que le président Nicolas Sarkozy avait exigé vendredi que les responsables de cette affaire "en tirent les conséquences", et que l'opposition réclame des "sanctions", le patron de l'Ecureuil n'a pas remis sa démission pour le moment. Interrogé sur ce point dans le JDD, il s'est borné à répondre que le conseil de surveillance de la banque, qui doit se réunir à 15h00, "examinera toutes les conséquences qu'il convient de tirer de cette affaire".
Le directeur général, Nicolas Mérindol, est aussi sur la sellette, certains en interne lui reprochant d'avoir mis en oeuvre une stratégie de développement qui s'est révélée coûteuse pour le groupe. L'annonce de cette perte tombe au plus mal alors que le gouvernement tente de restaurer la confiance dans les banques, avec l'adoption d'un vaste plan de soutien en leur faveur. Vendredi, la ministre de l'Economie Christine Lagarde a fait part de sa "colère" et de sa frustration.
Cette affaire apparaît d'autant plus sensible que la Caisse d'Epargne représente un symbole de sécurité et de proximité pour des millions de Français. Près d'un sur deux y a un compte bancaire ou un simple livret A.
Charles Milhaud, conseiller municipal UMP à Marseille, est considéré comme un proche du chef de l'Etat, au point que la CNCE a parfois été surnommée "Sarkoland" dans les milieux bancaires.
Le député communiste Jean-Pierre Brard a proposé d'intégrer les Caisses d'Epargne dans un pôle financier public. "Il faut cesser ces errements ruineux, changer les dirigeants qui ont fauté et en revenir aux missions initiales et à l'esprit mutualiste des Caisses d'épargne", a-t-il dit.